Faire de la politique autrement ?
Les alternativesAteliers proposés par le Collectif d’analyse politique (CAP) dans le cadre du Forum social Québécois, tenu à Montréal le samedi 24 août 2007.
Ateliers proposés par le Collectif d’analyse politique (CAP) dans le cadre du Forum social Québécois, tenu à Montréal le samedi 24 août 2007.
On a beaucoup écrit sur les raisons multiples de l’impressionnante percée de l’ADQ lors des dernières élections québécoises. Remontée du sentiment identitaire, revenges des régions contre Montréal, aspirations des familles de la «classe moyenne» à mieux vivre avec moins de contraintes de l’État, etc. Cependant, il est nécessaire d’examiner également les dimensions sociales et économiques de cette irruption.
Depuis quelques années, le mouvement social organise régulièrement de gigantesques mobilisations, souvent en faisant reculer les dominants. Pourtant ceux-ci semblent bien solides au poste. Comment expliquer ce paradoxe ?
Les mouvements sociaux semblent les seuls remparts efficaces contre le capitalisme néolibéral. Un peu partout, ils mettent de gros grains de sable dans l’engrenage. Ils résistent, proposent, construisent des alternatives. Est-ce assez pour vraiment bloquer le bulldozer ? Est-ce qu’un réel processus de construction des alternatives est en marche ?
Par Pierre Beaudet
La «crise» du capitalisme «réellement existant»
Pour aborder cette question, il faut analyser le moment actuel. Le capitalisme «réellement existant» (le néolibéralisme) poursuit son cours. Il est affecté de graves turbulences qui s’accélèrent avec l’intensification des compétitions à l’intérieur de la «triade» (États-Unis, Union européenne, Japon) d’une part. Et entre celle-ci et certains pays dits «émergents», notamment la Chine, d’autre part. Par ailleurs, la financiarisation extrême qui est survenue depuis une décennie, surtout aux Etats-Unis, révèle de grosses fractures dans l’édifice de l’accumulation. La cannibalisation incessante des petits par les gros et des gros par les ultra-gros concentre la richesse dans un processus de polarisation de classes dont l’évolution avait été prévue par Marx. La crise est donc là, imminente. Mais contrairement à une illusion bien ancrée à gauche, il faut voir que ce processus d’autodestruction sans fin ne conduit pas nécessairement à détruire le capitalisme, au contraire.
Pendant des décennies, les mouvements sociaux au Québec ont résisté à l’oppression et à l’exploitation. Ils ont joué un rôle fondamental, qu’on feint d’ignorer, dans la révolution-pas-si-tranquille des années 1960. Un bref retour en arrière nous permet de mesurer le chemin parcouru et de faire le constat des défis actuels.
Par Daniel BENSAÏD *
L’État et la révolution : Marx, Lénine et Rosa Luxembourg
Inspiré par la réflexion de Marx sur l’expérience de la Commune de Paris, Lénine déclare que « l’Etat représentatif moderne » est un instrument d’exploitation du travail par le capital. Il est l’organisation de la violence de classe. Il exprime le fait que « les contradictions de classes sont inconciliables ». La conséquence pratique en est que « l’affranchissement de la classe opprimée est impossible, non seulement sans une révolution violente, mais aussi sans la suppression de l’appareil du pouvoir d’Etat créé par la classe dominante ».
Lire la suite de cet article »
Texte de la conférence prononcée par Philippe Boudreau à l’un des ateliers du CAP proposés dans le cadre du Forum social québécois autour du thème «Faire de la politique autrement», le 25 août 2007.
Le Venezuela et le socialisme du XXIe siècle
Le socialisme du siècle actuel se fera à la fois en continuité et en rupture avec le socialisme du siècle passé. Nos luttes, nos résistantes, nos perspectives actuelles s’enracinent dans une grande lutte d’émancipation de l’humanité qui dure depuis longtemps. En Amérique latine, nous continuons de porter l’étendard des Tupac Amaru, Simon Bolivar, Emiliano Zapata, José Marti, Antonio Mella, Augusto Sandino, Farabundo Marti, Carlos Mariategui, Luis Carlos Prestes, Ernesto «Che» Guevara, Salvador Allende et des milliers d’autres dont les noms et les visages sont inconnus mais qui ont été et qui demeurent nos héros. Nos résistances sont aussi alimentées par des milliers d’autres combattants de la liberté dans le monde, en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord. Cet héritage très riche doit être brandi avec honneur en n’oubliant jamais toutefois que l’essence du socialisme et de la lutte pour la transformation sociale est de garder sa pertinence dans un monde en perpétuel mouvement. Évidemment, nous savons tous qu’il n’y a pas de «modèle» ni de plan établi qu’il s’agit de copier. La réalité sociale extrêmement vaste, riche, fluctuante est un terrain sur lequel nos imaginations, nos créativités, nos intuitions doivent se déployer avec courage et persévérance, en sachant qu’il faut parfois sortir des sentiers battus.
Commentaires récents