Le syndicalisme à l’épreuve du capitalisme séparateur

Les classes sociales, Économie politique, Les mouvements sociaux

Le syndicalisme au Québec n’a pas connu de diminution marquée du nombre de ses membres, contrairement à la plupart des pays développés. Si la perte des effectifs dans le secteur industriel traditionnel a été en partie compensé dans des secteurs moins traditionnels, on a par contre assisté au cours des dernières années à une érosion sensible des effectifs des grandes centrales syndicales dans le secteur public au profit d’un syndicalisme « indépendant » très fortement marqué par le corporatisme sectoriel. Cette division des forces syndicales, encouragée par toute une série de lois anti-syndicales au début du premier mandat du gouvernement actuel, pourrait expliquer en bonne partie la cinglante défaite qu’ont enregistré les employés de l’État lors de la dernière ronde de négociation et qui s’est conclu par l’imposition d’une Loi spéciale particulièrement répressive décrétant unilatéralement les salaires et des conditions de travail. Mais cette montée du corporatisme (qui trouve des échos de plus en plus ouvertement au sein même des grandes centrales) et de la division qu’elle engendre n’explique pas tout. Cet affaiblissement de la combativité des forces syndicales au Québec qui se traduit notamment par la baisse marquée du nombre de conflits, s’inscrit dans un recul du syndicalisme partout dans le monde et trouve ses racines dans les mutations que connaît le capitalisme à l’échelle de la planète. L’article de Thierry Perch qui suit, tente d’en cerner les contours. [Note de la rédaction]
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Pressés de tomber dans le panneau?

Économie politique, Social libéralisme, La droite, L’État

presse-ne-pas-avaler.gifLoin d’améliorer la “compétitivité”, la dérégulation empressée de l’économie placerait le Québec en position de faiblesse à l’échelle internationale

Dans le journal La Presse, l’économiste de L’Institut économique de Montréal, Dominique Vachon, insiste que “le temps presse” pour le Québec de réduire l’intervention de l’état dans l’économie s’il ne veut pas être parmi les laissés pour compte de la “compétition économique” internationale. Or, ce remède pourrait bien s’avérer être une pomme empoisonnée, tant cette réduction programmée de la capacité du Québec de réguler son économie le laissera impuissant devant les marchés financiers et les corporations qui y régnent maîtresses.

Par Eric Martin*
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Ne pas déterrer Saint Jean Baptiste

Immigration, Les classes sociales, La question nationale, Les mouvements sociaux, La gauche

Il y a trente ans, «notre» Saint Patron, dans sa version papier mâché, était décapité sur la rue Sherbrooke par de jeunes manifestants liés au Front de libération populaire (FLP) et au Mouvement syndical politique (MSP), un regroupement de la gauche étudiante de l’époque. Symbole humiliant de notre asservissement, l’icône représentait tout ce qui devait être changé pour les jeunes et les moins jeunes en ces temps turbulents. Certes dérisoire, cette destruction faisait partie de la montée d’un mouvement social rebelle, insolent, contestataire. Mais aujourd’hui, le «petit» Baptiste revient par la porte de côté sous la forme d’un «nous» frileux, crispé, incapable de dire ce qu’il est et surtout pourquoi il se bat.

Par Pierre Beaudet
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Crise globale, catastrophes locales

Économie politique, Guerre de position

On voit mieux aujourd’hui à quel point sont étroitement imbriquées les différentes dimensions d’une crise globale. Prenons la crise alimentaire : elle est le fruit amer de la mondialisation libérale qui a détruit des pans entiers de l’agriculture traditionnelle, soit par éviction au profit de l’agro-business exportateur, soit par mise en concurrence avec les importations (souvent subventionnées) des pays développés. La crise de la tortilla au Mexique en est l’exemple le plus frappant, où l’on voit les descendants des Aztèques contraints d’acheter leur aliment de base aux Etats-Unis.
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Crises et résistances dans l’empire états-unien

L'empire, Les dominants

La victoire inattendue de Barak Obama lors des primaires démocrates aux États-Unis reflète l’intensité des crises et des résistances qui traversent un empire désemparé, écartelé entre mille priorités, aux prises avec de vieux et de nouveaux démons.
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Le mythe de la classe ouvrière réactionnaire

L'empire, Les classes sociales, Économie politique, Guerre de position

La classe ouvrière est de retour ou, en tout cas, l’expression « classe ouvrière ». Pendant des décennies, des cohortes d’experts et d’universitaires ont expliqué que la majorité du peuple des États-Unis était composée d’une classe moyenne en expansion, repue et en pleine ascension sociale. Le concept même de classe ouvrière appartenait à un passé industriel révolu. L’expression « classe ouvrière » avait disparu dans un trou de mémoire et ne pouvait être requis – même de façon détournée – sans que soit invoqué, dans l’espace politique dominant, le spectre de la « guerre de classe ».
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Naomi Klein : La stratégie du choc

L'empire, Économie politique, Les dominants, La droite

« Ces quatre dernières années, j’ai mené des recherches sur ce domaine peu exploré de l’histoire économique : la manière dont les crises ont préparé le chemin de la révolution économique droitière tout autour du globe. Une crise frappe, la panique se répand et les idéologues colmatent la brèche en réorganisant rapidement les sociétés dans l’intérêt des entreprises les plus importantes. Je désigne cette manœuvre sous les termes de “capitalisme du désastre” ». Présentation du dernier ouvrage de Naomi Klein qui, pour l’occasion, a co-réalisé une vidéo promotionelle utilisant sans retenue la technique qu’elle dénonce par ailleurs : le shock & awe, le choc et l’effroi.
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La longue lutte pour la liberté

Guerre de position, Les mouvements sociaux, L’État

Depuis des centaines d’années, les hommes et les femmes luttent pour «l’accession à la dignité politique humaine» explique Martin Breaugh, dans la préface à son beau livre, «L’expérience plébéienne, une histoire discontinue de la liberté politique» (Payot, 2007). La «plèbe» (le «petit» peuple) résiste et demande l’égalité et l’autorégulation démocratique. C’est une masse hétérogène, diversifiée, qui «émerge du non-être», refoulée et réprimée par les cases «patriciennes» qui se succèdent au pouvoir depuis la fin des temps. Depuis la révolte de Florence en 1378, cette plèbe cherche à inventer un autre mode du vivre-ensemble. Elle combat les armes à la main, mais en même temps, elle théâtralise les puissants pour les ridiculiser et les diminuer, comme lorsqu’elle s’empare des rues de Romans dans un grand carnaval populaire qui devient de facto une insurrection. Dans les dédales de l’histoire, Breaugh traque ces révolutions invisibles et souterraines par les quelles se produit l’«affirmation de la capacité politique du plus grand nombre». C’est le «désir de liberté», selon lui, qui est l’invariant de ces luttes mille fois répétées, mille vois vaincues, mille fois gagnées, et qui s’illustrent par leur caractère antihiérarchique, égalitaire, ludique. Dans ce sens, Breaugh cherche à reconstituer une recherche amorcée selon lui par Machiavel, Montesquieu, Daniel De Leon (philosophe et syndicaliste états-unien du début du XXe siècle), jusqu’aux philosophes contemporains de la révolte, Foucault et Rancière.

Par Pierre Beaudet
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