Retour du travailleur immigré

Immigration, Les classes sociales, Les mouvements sociaux

La grève des travailleurs sans-papiers marque le retour de la figure de l’immigré comme travailleur, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de lutte.
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Guerre de position

Canada, Les classes sociales, Guerre de position, La droite, La gauche

Stephen Harper a remporté une importante victoire tactique, même si mine de rien, il jouait pour la «coupe», c’est-à-dire  pour un gouvernement majoritaire.  Tout en gardant la plupart de ses positions, il a effectué une réelle percée dans les bastions urbains du Parti Libéral, notamment à Toronto et à Vancouver. Rétroactivement, on peut penser qu’Harper cependant n’a pas menti en prédisant un gouvernement minoritaire. Son calcul était de consolider ses positions, d’avancer, bref de progresser dans une stratégie de guerre de position à moyen et à long terme. Mission accomplie, peut-il se dire ce matin. La «coalition» Harper se stabilise et se renforce. Les secteurs stratégiques au sein des dominants, comme la grande finance (de Toronto) et le complexe énergétique multinational (de l’ouest) peuvent être contents de la performance de celui qui a un réel projet cohérent (à leurs yeux), pour «restructurer» le Canada autour de l’axe Toronto-Calgary. Une grande partie des couches «moyennes» disloquées par l’érosion de l’État keynésien est prête à continuer avec Harper, en partie par la «haine de classe» qu’elles vouent aux élites traditionnelles, en partie parce qu’elles ne voient pas d’alternative. Le «bloc réactionnaire» dans les régions de l’ouest et le centre du Québec signe et persiste, tel un «noyau dur» coalisé autour des thèmes populistes, démagogiques et agressifs (la haine du secteur public, la question de l’avortement, l’homophobie, etc.), et ce, dans une situation qui rappelle la force des Républicains d’extrême-droite aux États-Unis. Bref, tout cela tient le coup et permet aux Conservateurs de promettre un «meilleur monde», de droite, aligné sur les États-Unis, valorisant l’individu, les valeurs, etc.

par François Cyr et Pierre Beaudet
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La crise du capitalisme mondial

Les classes sociales, Économie politique, Les domines, Les dominants, Theorie marxiste

[Cet article d’Alan Woods a été rédigé le 26 septembre dernier, c’est-à-dire avant l’adoption du « Plan Paulson » par le Congrès américain.]

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Nous vivons des temps exceptionnels. La panique financière, aux Etats-Unis, provoque des vagues qui menacent d’engloutir le monde entier. La conscience de millions de gens est en train d’évoluer rapidement. Le 25 septembre, une manifestation à l’appel de syndicats américains a mobilisé environ un millier de travailleurs, dont un grand nombre d’ouvriers du bâtiment – métallurgistes, manœuvres, plombiers, etc. – ainsi que des enseignants et du personnel de bureau. Le but de la manifestation, organisée en moins de deux jours, était de protester contre le projet de renflouer Wall Street avec 700 milliards de dollars d’argent public.
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La classe ouvrière va en enfer

Les classes sociales, Les domines

Dans la Péninsule italienne le taux de morts sur le travail est le plus élevé d’Europe. L’ensemble des mesures politiques, économiques et sociales prises par l’actuel gouvernement Berlusconi constitue un véritable permis de tuer les ouvriers.
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Les nouvelles classes dominantes et la fin de la civilisation bourgeoise

Les classes sociales, Économie politique, Les dominants, Theorie marxiste

Par Samir Amin

Sommaire

  1. La ploutocratie, nouvelle classe dirigeante du capitalisme sénile. Dans les pays capitalistes, la «bourgeoisie» telle qu’on la connaissait a disparu : désormais, l’ordre social veut que la puissance financière et économique soit prépondérante.
  2. Les nouveaux dirigeants sont les «gagnants» de la finance. Dans le monde capitaliste, les discours idéologiques se modifient. Les «gagnants» sont désormais encensés, au détriment des «perdants», méprisés… et la connivence est une force absolue.
  3. La gauche européenne désarmée face au système. L’Europe s’est alignée sur les États-Unis, avec son «capitalisme de connivence» et riposte en ayant recours au moralisme et au gouvernement des juges. Seule une remise en question totale du système capitaliste pourrait y mettre fin.
  4. Les affairistes, nouvelle classe dominante dans les périphéries. Les différentes classes sociales s’organisent aussi par rapport à leur environnement. Le capitalisme entraine des bouleversements, notamment aux périphéries des oligopoles, où les hommes de pouvoir ont pris le dessus.
  5. Le capitalisme sénile et la fin de la civilisation bourgeoise. Dernier épisode de la série sur la fin de la civilisation bourgeoise, où l’on voit que le phénomène décrit n’est pas passager, et correspond même à la fin d’une civilisation toute entière.

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Le capitalisme sénile

Les classes sociales, Économie politique, Les dominants, Theorie marxiste

Par Samir Amin

1. La thèse que je soutiendrai ici va à contre courant des idées reçues et des préjugés qui caractérisent l’air du temps. Une sorte de large consensus s’est en effet constitué – à la faveur entre autre de l’effondrement de la première vague d’expériences de construction d’une alternative socialiste – selon lequel le capitalisme constituerait un « horizon indépassable » et que par conséquent l’avenir s’inscrira nécessairement dans le cadre des principes de base qui en commandent la reproduction, parce que ce système bénéficierait d’une flexibilité sans pareille qui lui permettrait de s’adapter à toutes les transformations qu’on pourrait imaginer en les absorbant et les soumettant aux exigences de la logique fondamentale qui le définit.
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L’apprentissage de l’emploi précaire

Les classes sociales, Les domines

Entretien avec Elsa Fayner, auteure de “Et pourtant je me suis levée tôt…”, sur les conditions de travail des salariés précaires. Un univers absurde, aux gratifications irrationnelles, qui ne débouche sur aucune velléité de révolte.
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Le syndicalisme à l’épreuve du capitalisme séparateur

Les classes sociales, Économie politique, Les mouvements sociaux

Le syndicalisme au Québec n’a pas connu de diminution marquée du nombre de ses membres, contrairement à la plupart des pays développés. Si la perte des effectifs dans le secteur industriel traditionnel a été en partie compensé dans des secteurs moins traditionnels, on a par contre assisté au cours des dernières années à une érosion sensible des effectifs des grandes centrales syndicales dans le secteur public au profit d’un syndicalisme « indépendant » très fortement marqué par le corporatisme sectoriel. Cette division des forces syndicales, encouragée par toute une série de lois anti-syndicales au début du premier mandat du gouvernement actuel, pourrait expliquer en bonne partie la cinglante défaite qu’ont enregistré les employés de l’État lors de la dernière ronde de négociation et qui s’est conclu par l’imposition d’une Loi spéciale particulièrement répressive décrétant unilatéralement les salaires et des conditions de travail. Mais cette montée du corporatisme (qui trouve des échos de plus en plus ouvertement au sein même des grandes centrales) et de la division qu’elle engendre n’explique pas tout. Cet affaiblissement de la combativité des forces syndicales au Québec qui se traduit notamment par la baisse marquée du nombre de conflits, s’inscrit dans un recul du syndicalisme partout dans le monde et trouve ses racines dans les mutations que connaît le capitalisme à l’échelle de la planète. L’article de Thierry Perch qui suit, tente d’en cerner les contours. [Note de la rédaction]
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Ne pas déterrer Saint Jean Baptiste

Immigration, Les classes sociales, La question nationale, Les mouvements sociaux, La gauche

Il y a trente ans, «notre» Saint Patron, dans sa version papier mâché, était décapité sur la rue Sherbrooke par de jeunes manifestants liés au Front de libération populaire (FLP) et au Mouvement syndical politique (MSP), un regroupement de la gauche étudiante de l’époque. Symbole humiliant de notre asservissement, l’icône représentait tout ce qui devait être changé pour les jeunes et les moins jeunes en ces temps turbulents. Certes dérisoire, cette destruction faisait partie de la montée d’un mouvement social rebelle, insolent, contestataire. Mais aujourd’hui, le «petit» Baptiste revient par la porte de côté sous la forme d’un «nous» frileux, crispé, incapable de dire ce qu’il est et surtout pourquoi il se bat.

Par Pierre Beaudet
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Le mythe de la classe ouvrière réactionnaire

L'empire, Les classes sociales, Économie politique, Guerre de position

La classe ouvrière est de retour ou, en tout cas, l’expression « classe ouvrière ». Pendant des décennies, des cohortes d’experts et d’universitaires ont expliqué que la majorité du peuple des États-Unis était composée d’une classe moyenne en expansion, repue et en pleine ascension sociale. Le concept même de classe ouvrière appartenait à un passé industriel révolu. L’expression « classe ouvrière » avait disparu dans un trou de mémoire et ne pouvait être requis – même de façon détournée – sans que soit invoqué, dans l’espace politique dominant, le spectre de la « guerre de classe ».
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