Nous ne sommes pas confrontés à un ralentissement cyclique, mais à un ralentissement durable

Économie politique

Si les Etats-Unis ou l’Europe étaient confrontés à un ralentissement cyclique, transitoire, des économies, de nombreuses politiques seraient efficaces : soutien de la croissance par la baisse des taux d’intérêt, les déficits publics (qu’il s’agisse de compenser le freinage du crédit, la hausse des prix des matières premières, la baisse des prix des actifs…).
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Les nouvelles classes dominantes et la fin de la civilisation bourgeoise

Les classes sociales, Économie politique, Les dominants, Theorie marxiste

Par Samir Amin

Sommaire

  1. La ploutocratie, nouvelle classe dirigeante du capitalisme sénile. Dans les pays capitalistes, la «bourgeoisie» telle qu’on la connaissait a disparu : désormais, l’ordre social veut que la puissance financière et économique soit prépondérante.
  2. Les nouveaux dirigeants sont les «gagnants» de la finance. Dans le monde capitaliste, les discours idéologiques se modifient. Les «gagnants» sont désormais encensés, au détriment des «perdants», méprisés… et la connivence est une force absolue.
  3. La gauche européenne désarmée face au système. L’Europe s’est alignée sur les États-Unis, avec son «capitalisme de connivence» et riposte en ayant recours au moralisme et au gouvernement des juges. Seule une remise en question totale du système capitaliste pourrait y mettre fin.
  4. Les affairistes, nouvelle classe dominante dans les périphéries. Les différentes classes sociales s’organisent aussi par rapport à leur environnement. Le capitalisme entraine des bouleversements, notamment aux périphéries des oligopoles, où les hommes de pouvoir ont pris le dessus.
  5. Le capitalisme sénile et la fin de la civilisation bourgeoise. Dernier épisode de la série sur la fin de la civilisation bourgeoise, où l’on voit que le phénomène décrit n’est pas passager, et correspond même à la fin d’une civilisation toute entière.

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Le capitalisme sénile

Les classes sociales, Économie politique, Les dominants, Theorie marxiste

Par Samir Amin

1. La thèse que je soutiendrai ici va à contre courant des idées reçues et des préjugés qui caractérisent l’air du temps. Une sorte de large consensus s’est en effet constitué – à la faveur entre autre de l’effondrement de la première vague d’expériences de construction d’une alternative socialiste – selon lequel le capitalisme constituerait un « horizon indépassable » et que par conséquent l’avenir s’inscrira nécessairement dans le cadre des principes de base qui en commandent la reproduction, parce que ce système bénéficierait d’une flexibilité sans pareille qui lui permettrait de s’adapter à toutes les transformations qu’on pourrait imaginer en les absorbant et les soumettant aux exigences de la logique fondamentale qui le définit.
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La fin du néolibéralisme ?

Économie politique, Guerre de position

Le monde n’est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d’idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés serraient auto-correcteurs, qu’ils distribuent efficacement les ressources et servent l’intérêt général. C’est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la “réganomique” et le “Consensus de Washington” favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l’inflation.
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Négociations du secteur public : pour une stratégie syndicale réinventée

Services publics, Les mouvements sociaux, L’État

negos-29-10-20052.jpgQuand on relit les analyses de l’échec du front commun de 1982-1983, les analyses politiques publiées à gauche s’entend, on est étonné de constater à quel point elles demeurent pertinentes 25 ans plus tard pour décrire la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les syndicats, après l’adoption de la loi spéciale qui a brutalement mis fin, en décembre 2005, à la dernière ronde de “négociation”[1] dans le secteur public québécois.

Par Philippe Boudreau
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L’apprentissage de l’emploi précaire

Les classes sociales, Les domines

Entretien avec Elsa Fayner, auteure de “Et pourtant je me suis levée tôt…”, sur les conditions de travail des salariés précaires. Un univers absurde, aux gratifications irrationnelles, qui ne débouche sur aucune velléité de révolte.
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Les révoltes de la faim, conséquences naturelles de la mondialisation

Économie politique, Les mouvements sociaux

Dès le XVIIIème et le début du XIXème siècle, les économistes Adam Smith et David Ricardo avaient décrit un phénomène d’une logique imparable : la baisse du prix des denrées alimentaires permet d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés sans avoir à augmenter leurs salaires. Par voie de conséquence, cette baisse est vivement souhaitable pour les propriétaires des grands moyens de production. Règle numéro un du parfait libéral : la nourriture doit être bon marché.
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Le syndicalisme à l’épreuve du capitalisme séparateur

Les classes sociales, Économie politique, Les mouvements sociaux

Le syndicalisme au Québec n’a pas connu de diminution marquée du nombre de ses membres, contrairement à la plupart des pays développés. Si la perte des effectifs dans le secteur industriel traditionnel a été en partie compensé dans des secteurs moins traditionnels, on a par contre assisté au cours des dernières années à une érosion sensible des effectifs des grandes centrales syndicales dans le secteur public au profit d’un syndicalisme « indépendant » très fortement marqué par le corporatisme sectoriel. Cette division des forces syndicales, encouragée par toute une série de lois anti-syndicales au début du premier mandat du gouvernement actuel, pourrait expliquer en bonne partie la cinglante défaite qu’ont enregistré les employés de l’État lors de la dernière ronde de négociation et qui s’est conclu par l’imposition d’une Loi spéciale particulièrement répressive décrétant unilatéralement les salaires et des conditions de travail. Mais cette montée du corporatisme (qui trouve des échos de plus en plus ouvertement au sein même des grandes centrales) et de la division qu’elle engendre n’explique pas tout. Cet affaiblissement de la combativité des forces syndicales au Québec qui se traduit notamment par la baisse marquée du nombre de conflits, s’inscrit dans un recul du syndicalisme partout dans le monde et trouve ses racines dans les mutations que connaît le capitalisme à l’échelle de la planète. L’article de Thierry Perch qui suit, tente d’en cerner les contours. [Note de la rédaction]
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Pressés de tomber dans le panneau?

Économie politique, Social libéralisme, La droite, L’État

presse-ne-pas-avaler.gifLoin d’améliorer la “compétitivité”, la dérégulation empressée de l’économie placerait le Québec en position de faiblesse à l’échelle internationale

Dans le journal La Presse, l’économiste de L’Institut économique de Montréal, Dominique Vachon, insiste que “le temps presse” pour le Québec de réduire l’intervention de l’état dans l’économie s’il ne veut pas être parmi les laissés pour compte de la “compétition économique” internationale. Or, ce remède pourrait bien s’avérer être une pomme empoisonnée, tant cette réduction programmée de la capacité du Québec de réguler son économie le laissera impuissant devant les marchés financiers et les corporations qui y régnent maîtresses.

Par Eric Martin*
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Ne pas déterrer Saint Jean Baptiste

Immigration, Les classes sociales, La question nationale, Les mouvements sociaux, La gauche

Il y a trente ans, «notre» Saint Patron, dans sa version papier mâché, était décapité sur la rue Sherbrooke par de jeunes manifestants liés au Front de libération populaire (FLP) et au Mouvement syndical politique (MSP), un regroupement de la gauche étudiante de l’époque. Symbole humiliant de notre asservissement, l’icône représentait tout ce qui devait être changé pour les jeunes et les moins jeunes en ces temps turbulents. Certes dérisoire, cette destruction faisait partie de la montée d’un mouvement social rebelle, insolent, contestataire. Mais aujourd’hui, le «petit» Baptiste revient par la porte de côté sous la forme d’un «nous» frileux, crispé, incapable de dire ce qu’il est et surtout pourquoi il se bat.

Par Pierre Beaudet
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